« Au-delà des mots (et des maux) entrons en relation »
De prime abord, la
réalité Snoezelen peut être appréhendée comme une réalité
matérielle : un espace identifié dans une structure et concrétisé par
l'aménagement d’une salle particulière avec du matériel spécifique de
stimulation sensorielle. L’atmosphère qui y est créée donne alors à ce lieu un
caractère unique et inattendu.
Une
salle peut être aménagée de différentes manières en fonction des résidents
accueillis, du projet institutionnel et des possibilités budgétaires engagés dans ce projet.
« Quand chaque instant devient signifiant, plus rien n’est insignifiant »
On
peut retrouver de façon courante dans une salle Snoezelen qui accueille des
personnes âgées : une ou plusieurs colonnes à bulles, un projecteur solar, des
fibres optiques lumineuses, une chaîne hi-fi, des CD (une large gamme de
musiques, douces, rythmées, permet de créer différentes ambiances), fauteuils,
tapis et/ou matelas à eau chauffants, un diffuseur aromatique, des huiles
essentielles, des crèmes de massage, de la lumière noire et spaghetti, des bâtonnets fluorescents, des panneaux tactiles. Cet aménagement peut être modifié
également d’une séance à l’autre avec un peu d’imagination et de créativité en
fonction des objectifs établis de l’accompagnement pour un résident.
Pour aller plus loin ...
Comment communiquer et accompagner autrement : une pratique qui nécessite une formation.
Proposer une séance dans une salle snoezelen nécessite des fondamentaux qui sont à connaître (création d’une atmosphère adéquate,
possibilité de choisir, respect du rythme, juste durée dans le temps, sécurité et répétition, contrôle des stimulations, effets de sas, travail
de l’accompagnant pour la préparation et l’évaluation des séances etc…).
Mais
cela ne signifie pas que le Snoezelen puisse être considéré comme une technique
ou une méthode à appliquer. Ce n’est surtout pas le résultat d’une recette où
tous les ingrédients sont mesurés et maîtrisables, ce n’est pas non plus
l’aboutissement d’un programme clef en main, ou d’un kit préfabriqué.
Il
semble donc important de pouvoir l’appréhender plutôt comme un outil
relationnel faisant partie d’une approche philosophique singulière de
l’accompagnement des personnes âgées désorientées qui
consiste à se départir d’une approche déficitaire pour aller vers une approche
des capacités restantes de la mémoire affective et émotionnelle.
Le « prendre soin » des malades engage
donc beaucoup plus que des soins matériels et médicaux : une relation humaine,
attentive, une présence de qualité maximale à chaque instant, une
redécouverte de la richesse d’une communication sensorielle non-verbale pour
pallier la perte de la signification de la communication verbale.
Le terme Snoezelen vient d’ailleurs
bien signifier cette philosophie d’accompagnement. Ce néologisme en effet est
né de la contraction de deux verbes néerlandais : snuffelen qui
signifie renifler, flairer, fureter et présente une dimension plutôt active, de
découverte, de curiosité, de stimulation, et doezelen qui signifie
somnoler, estomper, adoucir, et renvoie à la dimension passive. Le Snozelen ne
se définit donc pas vraiment il se vit, il se sent, dans la relation, dans
l’intensité. Il est avant tout un état d’esprit qui s’attache de façon
prioritaire à trois axes :
l’importance du respect de la personne,
la priorité donnée aux expériences sensorielles, la recherche de la détente et
de la satisfaction sans attente de production ou de performance.
Si nous admettons que le Snozelen est
une démarche d'accompagnement, alors son utilisation ne se limite pas à la salle
et peut être mis en place et se vivre partout, à tout moment de la journée (au
cours de la toilette, des repas etc…).
Cet espace n’est donc pas un atelier
occupationnel ou une activité passe-temps, c’est une approche qui se situe dans
le « prendre soin » de la personne, elle participe de ce fait au projet de
soins et de vie individualisé des résidents (chaque résident est accompagné
comme une personne aux besoins et aux attentes uniques) et au projet
d’établissement pour que ces lieux soient des lieux de vie pour ceux qui y
vivent.
En France, la première étude clinique sur les effets de la stimulation sensorielle sur des patients âgés, grâce à la
méthode Snoezelen, à été faite entre 1999 et 2001 au sein de l’unité de long
séjour du service de gériatrie de Sierk par le Dr Lehnart.
Cette étude montre une tendance à l’amélioration de l’humeur, une diminution de
l’anxiété et de l’agitation ainsi qu’un accroissement de l’attention portée à
son environnement ; et ceci de façon significative pendant le déroulement des
séances et les instants qui suivent. A moyen terme, l’auteur rapporte une
amélioration des troubles dépressifs, des idées délirantes, de l’apathie, de la
désinhibition, des troubles de l’appétit et du sommeil.